Le verre, mes certitudes et de l’activité manuelle
- Delphine YA-CHEE-CHAN
- 15 déc. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 juil. 2023
Quand un atelier de loisir créatif croise de la sensibilisation au recyclage du verre
Comme tous les ans depuis … longtemps, je me suis rendue au salon création et savoir-faire consacré aux loisirs créatifs. L’offre des stands manque de diversité, mais le programme des ateliers est toujours très alléchant. J’ai réussi à m’inscrire à “fabriquer un verre à partir d’une bouteille”. J’étais contente car cela fait un bout de temps que je souhaite faire ce genre de chose. En attendant le début de l’atelier, j’en parle avec les autres participantes et on a déjà toutes essayé de découper une bouteille avec des astuces de chaud-froid qu’on a lu sur internet. On s’avoue aussi que chaque tentative s’est soldée par un échec. On est là avec nos rêves de verres, de bougeoirs, de vases et d’autres objets faits de nos mains quand arrive l’animatrice. Elle porte une curieuse machine dont l’apparence indique la fabrication artisanale.
L’atelier commence par une présentation d’Eco Totem : le projet que porte notre animatrice. Elle nous explique que la vaisselle en verre n’est pas recyclée comme le verre des bouteilles. En effet, ce sont deux matières différentes qui ne fonde pas à la même température et qui ne se manipule pas de la même façon. Le verre dans lequel on boit ne pourrait pas être aussi fin et agréable aux lèvres s’il était fait avec d’anciennes bouteilles. Évidemment, cette information me surprend.
L’atelier nous donne toutes les clés pour reproduire la découpe d’une bouteille chez nous. L’animatrice nous présente ses outils, notamment son découpe-verre qui est loin d’être le plus cher, mais apparemment (d’après ses tests) est le plus efficace. On l’utilise pour “marquer” le verre avant d’aller vers sa machine à résistance chauffante. Le choc thermique va couper net la bouteille sur le marquage. Chez nous, il suffit d’alterner eau bouillante et eau froide pour obtenir le même résultat.
Après un temps de refroidissement, on commence à polir en frottant la zone découpée sur du papier de verre 180, puis du 240 et enfin du P600. Le polissage se fait d’abord à plat, puis (avec un petit bout de papier de verre) sur les arêtes extérieures et intérieures.
L’atelier a duré 1h et on repart avec un verre fabriqué avec une bouteille découpée.
Alors évidemment, depuis j’ai fait des recherches, discuté de cela avec des ami-e-s, expérimenté et réfléchis à tout ça. Globalement, le verre a l’air d’être la filière de recyclage la plus efficace : cela se recycle à l’infini et sans perte de qualité (contrairement au plastique). L’ADEME donne pour 2020 le chiffre de 78,7% de taux de recyclage en France soit plus de 3 bouteilles sur 4 recyclées.
Il y a tout de même du verre qui ne se recycle pas : vitres, ampoules, plateau de micro-onde, pare-brise, miroir, écran, et vaisselle.
Effectivement la vaisselle culinaire (dont les verres) est généralement en céramique transparente. Cette matière ne doit pas être mise dans le bac à recyclage du verre.
Alors est-ce que le bilan joyeux du recyclage du verre en France est exagéré en ne tenant pas compte d’une partie importante de déchets non gérés ? Ou bien est-ce que l’atelier de découpage de bouteille se cherchait un sens profond pour se justifier ?
Le recyclage du verre n’est pas une panacée notamment car il demande de l’énergie (chauffer le verre pour le faire fondre) et nécessite un réseau de transports également énergivore. L’empreinte carbone du verre recyclé existe. Beaucoup de sites militants évoquent les bienfaits de la consigne qui même si elle consomme de l’eau serait une pratique plus avantageuse que le recyclage.
La question de la déresponsabilisation est aussi un problème récurrent : puisque le verre se recycle, je peux surconsommer et générer des déchets. Vous connaissez surement l’adage “le meilleur déchet est celui qui n’existe pas”.
J’en ai lu des choses, moi qui voulait juste pouvoir faire un porte-bouture en bouteille de vin.
Sources :